Xlo
« Depuis l’orbite de Spoutnik 2, le rêve des fabulistes prenait corps : un animal allait enfin se trouver doué de parole… Laïka méditait, dans son cerveau de chienne stimulée par les effets de l’apesanteur : L’immensité mortelle qui s’étendait au-delà du hublot n’était rien, en comparaison de l’inquiétude qu’elle ressentait à la pensée du rêve de la littérature occidentale d’atteindre l’universalité, comme celui du journalisme, l’objectivité… Le premier pas de l’humanité hors de son berceau, elle l’avait fait effectuer par une bête.»
Dossiers déclassés de la R.K.A. Décembre 1957
le SPOUTNIK DOG'SKARPBOOK devra faire la preuve que les chiens ont pris la parole – comme on prend le pouvoir.
Un « essai » toujours en transformation, constitué d’écrits articulés, saisissant des phénomènes du monde actuel au fil du regard - sur un mode libre, ludique et catastrophique…
Les rédacteurs de cette niche électronique qui retentit de cris et de jappements, sont des chiens déguisés en humanoïdes. On les appelle « Observateurs Partiels », comme une nouvelle catégorie d’Agent Secrets à ajouter à la classification de Fourrié. Ils sont chargés de déposer de temps à autre quelques "os à ronger" pour nourrir leurs semblables égarés sur le Kube terrestre.
N’importe qui peut se découvrir une affinité de nature avec notre espèce de retour d’orbite, comme d’une nuit de beuverie. Toutes les propositions sont les bienvenues pour se joindre à cette réflexion perverse polymorphe…
Le site E-RopA
Toutes les aventures ici racontées se déroulent dans un espace-temps très parallèle, dominé par l’administration du site E-RopA. Nos Agents sont injectés dans divers innerspaces - au moment de l’effondrement verbal
Le regard du chien ou l’ « Observateur Partiel » mis sur orbite
La chienne Laïka, envoyée par les soviétiques dans leur satellite Spoutnik 2 en septembre 1957, est l’exemple type de l’ « observateur partiel » évoqué par Gilles Deleuze :
« Le rôle d’un observateur partiel est de percevoir et d’éprouver, bien que ces perceptions et affections ne soient pas celles d’un homme, au sens couramment admis, mais appartiennent aux choses qu’il étudie. L’homme n’en ressent pas moins l’effet (quel mathématicien n’éprouve pleinement l’effet d’une section, d’une ablation, d’une adjonction), mais il ne reçoit cet effet que de l’observateur idéal qu’il a lui-même installé comme un golem dans le système de référence. Ces observateurs partiels sont au voisinage des singularités d’une courbe, d’un système physique, d’un organisme vivant ; et même l’animisme est moins loin de la science biologique qu’on ne dit, quand il multiplie les petites âmes immanentes aux organes et aux fonctions, à condition de leur retirer tout rôle actif ou efficient pour en faire seulement des foyers de perception et d’affection moléculaires : les corps sont ainsi peuplés d’une infinité de petites monades. On appellera site la région d’un état de choses ou d’un corps appréhendé par un observateur partiel. Les observateurs partiels sont des forces, mais la force n’est pas ce qui agit, c’est, comme le savaient Leibniz et Nietzsche, ce qui perçoit et éprouve. » Qu’est-ce que la philosophie ? Gilles Deleuze et Félix Guattari. 1991
Le chien a la parole
Clifford D. Simak nous a expliqué comment l’humanité ne serait plus, un jour, qu’un mythe débattu par les chiens.
The City, (Demain, les chiens), prévoyait cette éventualité pour un avenir lointain…
La conquête spatiale semble avoir accéléré le processus…
Clandestins, facétieux, imaginaires, nos agents sont les avatars de la chienne Laïka et du singe Ham qui se sont disputés les prémisses de l’exploration spatiale.



