30/10/2004
TISSAGE MAJUSCULE AQUATIQUE
Ici
ON TISSE DES FILS DE FICTION ET DE TEMOIGNAGES.
ON ENFILE DES MOTS COMME DES MOUCHES SUR UNE AIGUILLE RECOURBEE. NOS PAROLES BOUrDONNENT AU FIL DE L’EAU, CHERCHANT DES PRESAGES dans les entrailles des poissons-chats.
C’est éventrés que nous les rejetons à la mer... comme ça...
Parfois nous en repêchons un qui porte sur son ventre la fermeture éclaire d’un de nos vagues désirs. C’est d’eux-mêmes que les félins liquides reviennent rôder dans les eaux de cet étang que nous déployons en travers l’écran.
Nous avons fabriqué un ordinateur très archaïque.
Au lieu de restreindre notre engagement de téléscripteur au seul mouvement des doigts sur le clavier, ou de la main sur la tablette, nous avons programmé un kode qui permet au logiciel de limon en décomposition - vase et compost - de transcrire en lettres et en signes de ponctuation nos mouvements de bras sur le métier à tisser aquatique, qui mêle les courants de la rivière comme des écheveaux de soie.
Chacun de nos textes a donc sa traduction en tracés de courants, reproduits sur des tapis de fibres synthétiques colorées de vingt-six couleurs, plus une quinzaine d’autres désignant les ponctuations :
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Les rouges, les verts, les bleus, les jaunes, les oranges, les marrons, les noirs, les blancs, sont déclinés, mélangés, cassés, nuancés en combinaisons et camaïeux illimités, comme des images abstraites grossièrement pixellisées… Ces tissus de pailles en plastique sont entreposés dans un estuaire, à l’entrée de la ville.
Il s’agissait pour nous que le corps s’engage dans l’écriture et que l’eau soit traversée de nos chants.
Déclaration du Ministère de l’Intérieur du Tissu et du Miroir.
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