01/03/2005

Suite...


Retour sur la Digue

Dans Tambour sur la digue, son précédent spectacle, Ariane Mnouchkine opérait une utopie humaine à même la chair de ses acteurs – car ils lui appartiennent – et de ses spectateurs – car nous aussi, nous lui appartenons. Elle faisait du théâtre l’île d’une tempête au cours de laquelle la scène, lieu et durée, espace et temps, devenait un véritable centre nerveux et affectif, propre à déterminer de l’humanité dans l’homme. Et comme c’est par la viande et le verbe qu’on œuvre, l’idée, l’idée d’homme qu’on a couramment, était soumise à rude épreuve. Le comédien, poussé à l’extrême limite de la marionnette, semblait ne plus s’appartenir ; Caliban aux mains d’un Prospéro féminin aussi infiniment exigeant que généreux, et capable d’en tirer cet « humain » qu’on n’espère plus...

Le texte d’Hélène Cixous donnait une voix de bois finement travaillé aux pantins de chair, pour leur faire conter la parabole de l’homme face aux désordres naturels ; et les figures chantaient comment l’homme s’agence politiquement face à l’inondation ; et l’on comprenait la cause première de tout contrat social : faire face au monde pour que le monde garde une trace de l’homme. Les mots du texte s’inféodaient corps et âmes aux exigences physiques du spectacle ; horlogerie mise au service de la signification, dans une entreprise de dire pur du corps humain. En nos temps de bavardages, où parler n’a pas plus de poids que les gouttes de la pluie sur la toile d’un parapluie abandonné en cours de bombardements aériens, le texte de Cixous tirait les fils dérisoires par lesquels la parole se meut sur le plateau, pantin doué d’âme par le regard que souffle les spectateurs... Et mystère définitif, le poème se faisait mouvement, créait l’espace, entre vastitude sans terme du cosmos et mesure humaine d’un guignol tragique…

Commentaires

Bonjour Spoutnik Dog,

J'ai du mal avec l'envers des choses... Pour tout vous dire, cela m'empeche presque de vous lire, ce qui est dommage lorsque la tempete me saisit de ce genre de belles phrases "Caliban aux mains d’un Prospéro féminin aussi infiniment exigeant que généreux, et capable d’en tirer cet « humain » qu’on n’espère plus..."

Et puis la densite de vos ecrits s'accorde mal avec la presentation choisie (oui oui, je chipotte!): on reve de grandes etendues de textes, et nous voila reduits a lire des bandes toutes fines de caracteres blanc minuscules sur un fond rouge....

Ceci dit, je trouve l'idee fort interessante et je crois que l'outil blog pourrait bien vous aller, si vous "jouiais" un peu davantage avec ses fonctionnalites.

Belle fin de semaine a vous

Ecrit par : V. | 02/03/2005

Voici l'article en entier, et à l'endroit... Publier à l'envers et chapitre par chapitre est la seule solution que j'ai trouvée pour éditer ces textes dont nos Agents Partiels alimentent le Kol@sus Pik Nik... Je concède que ce ne soit pas une solution idéale et notre ingénieur attend avec impatience de pouvoir étudier plus avant les secrets de ces pages, mais il est pour l'heure déborder par les problèmes de maintenance que notre satellite nous pose. La couscoussière sud s'est décrochée et nous mettront plusieurs mois à la rafistoler avec le vieux wok de la cuisine. Il va sans dire que notre ingénieur doit plonger dans le vide inter-sidéral en apnée, afin d'économiser nos réserves d'oxygène... Mais le passage de nos visiteurs est toujours un honneur... Prendrez-vous un thé ou une vodka ?

Si vous avez des trucs de fabrication des pages de blogs...

Bien à vous

Spoutnik Dog

Ecrit par : Spoutnik Dog | 04/03/2005

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