26/05/2005
Un Italien dit NON
Pour ceux qui craignent encore le qu'en dira-t-on de nos voisins européens, le Spoutnik Dog vous livre le mail d'un ami italien, metteur en scène de théâtre, pour ceux qui veulent connaître son univers professionnel. Autant dire qu'il se fait l'écho de ceux qui ailleurs attendent un NON de "nous autres, français," comme eût dit le vieil ennemi, Bernanos...
"Chère X,
D'abord laisse moi te dire quel plaisir m'a fait ton mail. Je suis tout à fait d'accord avec toi que les hommes politiques (oui et non confondus) français sont en train de utiliser ce referendum à des fins culinaires.
Mais il ne faut pas se laisser prendre en otage par leur cuisine. À mon avis le débat qui c'est installé entre les partisans du oui et ceux du non (je parle de la base) c'est quelque chose de positif. Je me suis dit : encore une leçon de démocratie de la part de la vieille France. Eh oui, car malgré tout il y a débat, il y a prise de position, et beaucoup de gens se sont intéressés pour la première fois à la politique et à ce que les dirigeantes décident pour eux et a à leur place.
Les discussions, parfois enflammées, qui ont caractérisée la campagne de ce référendum me laissent espérer un nouvel souffle à l'engagement. C'est de notre responsabilité ( c'est à dire de ceux qui n'ont jamais abandonné l'engagement) à ne pas laisser tomber ce nouveau désir de prendre part à la construction de son propre destin politique. tenir envie le débat après l'échéance électorale.
Nous en Italie on n'a pas eu droit à aucun débat et un acte grave comme l'approbation des règles du jeu de la Future Europe, ils nous l'ont fait passer au dessus de nos têtes comme un simple acte administratif. Eh bien non! il ne s'agit pas d'un acte administratif, ce n'est pas une simple réorganisation des traités précédents, c'est un acte lourd de conséquences pour nous et pour les générations à venir.
Moi personnellement - après avoir quand même analysé le traité en entier et participé à de séminaires du oui et du non, je pense que ce traité est une piège : une fois approuvé sera très difficile à renégocier (article IV -443) et je ne comprends pas ceux qui disent acceptons-le pour les infimes amélioration qui contient pour le renégocier après. Il s'agit d'un vrai programme politique - celui du libéralisme- à qui par ce traité on donne une force de loi. Une constitution qui mets au centre de ses objectifs fondamentaux la concurrence, je cite: un marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée - ( article 1- 3 -2 ) ne peut pas être la mienne. je ne
veut pas entrer dans le détail de tout ce qui cloche dans ce traité, mais surtout j'ai horreur de ce mot- concurrence- et de tout l'univers qui va avec. Pour un vieux baba comme moi le droit de l'homme à
vivre en paix et amour doivent être basé sur autre chose que la concurrence. La Concurrence produit un guerre où les morts et les blessés sont ceux qui n'ont pas la force, la ruse, où tout simplement l'envie de concurrencer , d'écraser l'autre, de s'enrichir en lui faisant concurrence. On les voit, des centaines, voire de millier -
ici à Paris tout les soirs , dans plusieurs endroits demander un bol de soupe au différentes associations humanitaires. je n'ai pas envie de ce monde là. Il ne me plaît pas.
Si pour l'instant on n'as pas la force de changer le monde, lassons nous au moins la possibilité de le changer un jour. Ce pour ça et pour d'autres mille raisons encore que si j'avais la possibilité je dirais NON à ce traité. Je crois, en plus, que le NON de gauche peut faire démarrer un mouvement qui ne doit pas s'arrêter là, et c'est pour ça que la plus part du mouvement alter-mondialiste est pour le NON (et pas mal d'amis et camarades italiens du mouvements), on commence à dire ya basta! . c'est vrai que l'Europe est un espace culturel et de paix à préserver, mais refuser ce traité là ne veut pas dire non à l'Europe mais NON à ce traité là ( je crois
que c'est bien ça la question qui est posée). Un non qui forcement engage qui le prononce consciemment (hélas ce n'est pas le cas de tous) à s'investir dans la proposition d'autres hypothèses.
C'est pour ça que les dirigeants du OUI a du mal à comprendre ce refus tellement ils sont habitués à décider sans consulter. "Laisser nous faire" . Je crois que la seule question qu'il faut se poser si on a envie de dire NON, c'est comment lui donner suite , quelles formes d'engagement mettre en mouvement. Car le NON ne doit être que un début.
Avec beaucoup d'amitié et d'envie de parler avec toi en présence
je t'embrasse
Y"
14:43 Publié dans E-RopA | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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