30/05/2005
Entre ceci et cela
Il n'y a pas de victoire du NON il y a déclaration de guerre. Et ce qui arrive n'est pas rassurant, et ce qui arrive promet de ne pas être du repos. Entre les mensonges et les détournements de ceux qui ont la parole, pour ne pas dire l'aveuglement, car un handicap les excuserait, et entre les tensions sociales qui couvent plus ou moins sourdement (ceux qui ne voudront pas considérer les "événements" de Perpignan comme des annonciations de ce qui surgira dans le sillage de tous mouvements social s'en mordront les doigts : des conflits inter-ethniques, que ne manqueront pas d'atiser ou d'instrumentaliser ceux qui ont besoin du désordre pour instaurer leur ordre...), bref, entre ceci et cela, le travail commence.
Tout d'abord il s'agit de contrer la propagande des médias et de prendre le contrôle du sens de cet acte de vote. Auprès des français, et auprès des européens : nous avons des contacts à l'étranger, il faut que ça circule. Il faut dès à présent s'exprimer en Anglais, même un Anglais de batard, puisque l'Europe en est là.
Et puis il faut convaincre les partisans du OUI de ce que le NON n'est pas ce qu'il veulent faire croire.
En vertu du principe que le sens des actes est déterminé par les paroles qui traduisent, ou élaborent les pensées, et non par une vérité cahée derrière la surface des choses. Le sens est à faire.
Je crois que le 16 et 17 juin, une commission européenne se réunira à Bruxelles. Il serait sage d'y être. Et de dire là-bas que ce n'est pas NON à l'Europe. Et que ce n'est pas "une autre Europe est possible", mais que celle-là est une autre.
Et enfin, chez nous, dans le cadre des frontières géographiques et culturelles et historiques, il y a quelque chose de la nation à réinterroger, pour en sortir, certes, c'est le camp que je choisis, mais pas pour en être sortis par des forces centrifuges réactionnaires, nationalistes ou communautaires. Il me semble que nous avons une longue histoire à interroger avant de nous fondre dans une unité plus vaste : invention du nationalimse au lendemain de la révolution française, avec l'impérialisme et la bourgeoisie pour corolaire; la colonisation, fille de la gauche, hypocrite civilisatrice, et salope mère du racialisme et, par conséquent, du nazisme; l'antisémitisme; Vichy; la guerre d'Algérie et la décolonisation en général, avec l'abandon de nos responsabilités envers les anciennes colonies quand ce n'est pas le pillage néocolonial caractérisé; regroupement familial et politique africaine... J'en oublie et sûrement je schématise, je veux bien qu'on me complète ou qu'on me corrige, puisque c'est de ça qu'il faudra parler. Ce que nous sommes aujourd'hui, voudrons-nous le savoir, ou allons-nous abandonner le principe socratique du "connais-toi toi-même" qui fonde notre civilisation à sa racine ?
Il serait temps de devenir vertueux, à la manière que l'humanité pourra inventer aujourd'hui...
Texte de Serge Rivron dans la rubrique "E-RopA"
20:26 Publié dans E-RopA | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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