22/06/2005

La marionnette – main-graphie et voix fictive

RITUEL D’AFFLICTION
La marionnette – main-graphie et voix fictive.

Le Spoutnik Dog entreprend la mise en ligne inversée, comme à son habitude, d'un autre article sur la marionnette. La marionnette et la parole...

L’apprentissage de la voix humaine par la marionnette


L’homme est le sujet de la marionnette, l’homme est assujetti à l’objet qu’il manipule...

L’objet de la marionnette est d’imiter l’homme, l’homme soumis à la figure animée, grossière et anthropophage, qui se repaît de son image…

…donner à l’homme une idée de ce qu’il peut être…

C’est à dire que la marionnette est un objet chargé d’une mission : représenter l’homme.




C'est-à-dire, la marionnette est-elle un objet entre les mains de l’homme, destiné à le décharger de l’idée qu’il a de lui-même, au moment même où il se voit figuré.

C’est à dire : l’homme cherche-t-il à concevoir sa condition comme un objet qu’il peut prendre en main ?

Aussi la marionnette est-elle une main qui façonne et reproduit son créateur.

Le rêve d’une main, tiens, telle est la marionnette, dans le sens où tout ce que peut faire une main fait regretter tout ce qu’elle ne peut pas encore faire…

La marionnette est un regret, aussi bien qu’un désir, ou pour dire autrement, la marionnette est un projet, voire un destin…

Destin, le grand et le vieux mot, embarrassé d’attributs tragiques… Avec autour de lui toute une grandiloquence de la transcendance et du sur-naturel qui recouvre mal l’ objet humain tel qu’il nous arrive en ce début du XXIé siècle, pièce jointe d’un courrier codé dans la matière organique.


La marionnette a-t-elle une fonction ?


En premier, ce sera d’être une matérialisation de notre conception de l’être humain, à un moment donné de la vie du spectateur - qui rencontre la vie du marionnettiste - qui rencontre la possibilité de devenir humaine de la poupée inanimée…

M-a-i-s

La marionnette n’est pas simplement un corps, elle est un corps au moment où le corps est un signe.

Un corps choisi, une combine d’éléments bricolés dans l’intention de communiquer un message qui s’imbriquera dans le grand discours que l’humanité constitue.

L’humanité procède d’une grammaire de choses et d’objets…

Les marionnettes sont les idéogrammes en trois dimensions qui servent à écrire le langage que les hommes parlent silencieusement au quotidien - en vivant... Mais il faut dire que cette écriture de formes matérielles n’a rien à voir avec le langage des hommes, parlé ou écrit. On pourrait dire que cette écriture fixe la syntaxe de l’existence, dans la mesure où l’existence serait le langage qui utilise les êtres humains, pour tenir un discours étrange à une intelligence qui a besoin de comprendre quelque chose / à quelque chose que nous ne saurions même pas imaginer… Pasolini parle de « la langue écrite de la réalité », la réalité étant le langage sur lequel serait bâti celui du cinéma ; nous pourrions parler de « la langue parlée de l’humanité », dont la marionnette entreprendrait la transformation en écriture…

15/06/2005

Echanges après le NON

Echange :

"Salut,

oui, ce non est une bonne claque dans la gueule des politiques, c'est triste
mais il le fallait. Ce non est politique alors que le oui aurait signé la
fin du politique, et le passage décomplexé au tout économique. Mais le non
ne signe pas obligatoirement une renaissance du politique... C'est comme un
dernier mot, un mot du peuple. Ce qui est positif, même si on part pour des
années de retard, c'est que les gens les plus simples, les moins
spécialistes aient pris la question à bras le corps. On a plongé dans le
questionnement et le doute, et ça, tu sais que c'est la source de la foi. je
crois que les années qui viennent, pendant une génération au moins, vont
être très chaotiques et il va falloir que les gens, que nous comprenions
comment le monde mute, et où il faut nous trouver. Je crains le terrorisme
puisque les politiques n'écoutent plus ce que disent les peuples. Et les
conflits ethniques, les émeutes, les manifestations qui dégénèrent et qui
sont traversées et renverées par des forces contradictoires : une manif de
chômeurs traversée par des émeutes de banlieusards, une manif de musulmans
traversée par des coups de fascistes, des alliances extrême gauche
musulmans, avec les forces de l'ordre qui profitent pour faire du ménage,
bref, je crains du pas bon. Et je ne parle pas d'économie ni de chômage...
Mais dans tout ça la refonte de la pensée, et je l'espère un trvaail sur le
dépassement des nationalismes, et surtout de ce nationalisme européen qu'on
voit naître en se définissant contre les américains, les chinois, je ne sais
quoi...

Voilà où nous en sommes.

Je pense que la constitution devrait affirmer ses origines "chrétienne,
romaine, germanique, païennes, musulmanes, révolutionaire et athée" parce
que tout ça a traversé et forgé l'Europe - l'Europe signifie tout ça.
D'ailleurs le Maghreb appartient à l'Occident, si on voulait bien admettre
que l'Occident ne signifie pas seulement Occident Septentrional."

X

Réponse :

"Salut mon pote,

Très pessimiste tout ce que tu me dis. Je ne sais pas si je partage cette vision
de l´avenir qui, comme tu la racontes, ma fait penser à de la SF, á Bilal.
On va voir, si ça va changer autant de choses que tu le dis.
Moi je pense que ça ralentira qqs choses qui se crééait et qu´il aurait fallu
travailler au corps car des germes de dérapage étaient et seront toujours là...
Peut être va t-on reconstruire. Mais après une blessure, c´est toujours
difficile. Surtout que l´Europe n´était pas forcément la plus visée par cette
blessure...
Entre tes craintes sociales et les miennes environnementales (qui feront
certainement synergie), on est pas dans la merde.
Par contre, quand on essaye de se pacer par rapport aux US ou aux chinois. Pour
moi ce n´est pas forcément du nationalisme européen. Ça peut aussi être une manière de placer sa vision des
choses, surtout quand on a l´impression qu´elle est meilleure pour le monde que
celle que propose les autres. En ce qui concerne mes préoccupations écologiques, je crois
qu´on parle et qu´on protège plus l´environnement en France qu´en Chine... Mais je me trompe peut être..."

P

13/06/2005

L'Europe vue du Vénézuela

Le Spoutnik Dog a recueilli un point de vue depuis le Vénézuela :

"Le non à l´Europe, je ne suis pas si sûr que ce soit une bonne chose.
Contrairement à ce que j´entends le message passé n´est pas clair. J´en parlais
avec Elias (tu te souviens peut être, le mec qui nous avait donné envie de
partir au Venez). Il me disait que lui aurait voté non car la constitution ne
reconnait pas clairement l´origine chrétienne de l´Europe, ce qui lui semble
grave. Et quand je lui ai dis qu´une grande partie des français avait voté non
car il trouvait le texte trop libéral, il a dit "ah bon ?". Pour lui on
trouvait le texte trop à gauche. Ça ouvrait trop de porte aux autres pays nous
affaiblissant (exemple aussi de la Turquie).
Je crois aussi que c´est vrai : ce non n´est pas aussi social qu´on le dit ou
plutôt c´est un non social pour les français...
Ceci dit, c´est une bonne claque dans la gueule de tous les parties
politiques... Et ça peut aussi réveiller l´Europe. A voir. Ce dont j´ai peur
c´est que l´Europe est du mal à s´en remettre et que pendant ce temps les
amerloques en profitent pour prendre de l´avance. Et moi, j´aime pas les
amerloques..."

Oui et non

oui, ce non est une bonne claque dans la gueule des politiques, c'est triste mais il le fallait. Ce non est politique alors que le oui aurait signé la fin du politique, et le passage décomplexé au tout économique. Mais le non ne signe pas obligatoirement une renaissance du politique... C'est comme un dernier mot, un mot du peuple. Ce qui est positif, même si on part pour des années de retard, c'est que les gens les plus simples, les moins spécialistes aient pris la question à bras le corps. On a plongé dans le questionnement et le doute, et ça, tu sais que c'est la source de la foi. je crois que les années qui viennent, pendant une génération au moins, vont être très chaotiques et il va falloir que les gens, que nous comprenions comment le monde mute, et où il faut nous trouver. Je crains le terrorisme puisque les politiques n'écoutent plus ce que disent les peuples. Et les conflits ethniques, les émeutes, les manifestations qui dégénèrent et qui sont traversées et renverées par des forces contradictoires : une manif de chômeurs traversée par des émeutes de banlieusards, une manif de musulmans traversée par des coups de fascistes, des alliances extrême gauche musulmans, avec les forces de l'ordre qui profitent pour faire du ménage, bref, je crains du pas bon. Et je ne parle pas d'économie ni de chômage... Mais dans tout ça la refonte de la pensée, et je l'espère un trvaail sur le dépassement des nationalismes, et surtout de ce nationalisme européen qu'on voit naître en se définissant contre les américains, les chinois, je ne sais quoi...

Voilà où nous en sommes.

Je pense que la constitution devrait affirmer ses origines "chrétienne, romaine, germanique, païennes, musulmanes, révolutionaire et athée" parce que tout ça a traversé et forgé l'Europe - l'Europe signifie tout ça. D'ailleurs le Maghreb appartient à l'Occident, si on voulait bien admettre que l'Occident ne signifie pas seulement Occident Septentrional.

Toutes les notes