27/03/2008
Taïwan
Séjour enFOR M OZ
République de ChineTO
pendant les élections présidentielles de 2008TAI WAN
Du 2/2/8 au 3/2/8 2008
par XLO
The Sputnik Dog
Sur la page Wikipédia consacrée à Taïwan, des encarts avertissent les lecteurs et les contributeurs éventuels, sur la délicatesse de la terminologie à employer.
L’encyclopédie libre sur internet est un bon exemple de la situation de mondialisation que nous connaissons, et de la direction que vont prendre les rapports interpersonnels dans ce monde où les rencontres sont facilitées et accélérées, autant que le danger inhérent aux malentendus dont les rencontres peuvent être l’occasion, si on ne prend pas garde au langage qu’on emploie, si l’on manque de tact et de délicatesse, si l’on est trop ignorant des questions qui se posent à ceux qu’on rencontre - à toute vitesse.
Notre voyage, du 27 février au 28 mars 2008, en pleine période d’élections présidentielles, consistera en un voyage vers le réel de l’île - vers Taïwan...
La Cochinchine
Je relis le passage du livre qui raconte comment la tentative de conquête française de Taïwan par l’amiral Amédée Courbet, en 1884-1885, a marqué la récupération par la France de la Cochinchine. Pendant la campagne de l’amiral, les hommes politiques français ont négocié l’abandon des prétentions de la Chine sur le Tonkin, faisant avorter la conquête de Formose et le rêve de Courbet d’y instaurer un Hong Kong français.
Un de me arrière arrière grand oncle faisait partie de l’expédition. Il ne mourut pas sous les balles des soldats chinois, mais se noya dans la baie. Aujourd’hui, son âme se mêle aux coraux qui survivent tant bien que mal au réchauffement des eaux sous l’action des centrales nucléaires, aux passages des cargos et à la pollution subséquente...
On appelait l’amiral Courbet « le Grand Coupa », et on peut le voir comme un chef de guerre aux rêves fous, joué par Klaus Kinski dans un film démesuré de Werner Herzog, perdu avec son armée dans les marécages de Keelung, abandonné par un gouvernement qui après avoir tout misé sur la conolisation s’effondra, emportant Jules Ferry et l’administration socialiste de la IIIé république... La très courte guerre qui opposa l’armée française à Formose, entre 1884 et 1885, et qui couta la vie à 700 marins français dont les ossements décapités (parce que les Chinois payaient leurs hommes à la tête) sont aujourd’hui dans le cimetière de Keelung, après avoir été bénis par le r.p. Vermander, constitua la grande affaire médiatique de l’époque. Il en reste peu de traces dans les programmes scolaires, peut-être pour ce qu’elle rappelle de la politique coloniale de Jules Ferry...
Pour en savoir plus, le mémoire de Stéphane Ferrero donne très envie d'aller se baigner dans les eaux mystérieuses de Keelung...
Ma jeune voisine se montre très indifférente à la politique et à l’histoire qui unie son pays au mieux.
Son père tient un commerce. Son grand frère travaille pour une banque et sa soeur pour une entreprise coréenne. L’histoire et ce qui s’est passé entre nos pays l’indiffère. Me dit-elle. Qu’aurait-elle dû me dire ? Je songeais que quelque chose dans sa beauté aurait pu me rendre fou. A la réflexion, peut-être cela tenait-il en fait à sa façon de ne pas me répondre...
Mon voisin semble plus en verve, mais sa volubilité ne le rend pas moins matois. En tous cas, il n’a pas l’air sensible aux mystères de cette féminité sans réponse que constitue la femme asiatique (comme si elle existait, celle-là...) Il me dit que les asiatiques sont autant individualistes que nationalistes. Il m’explique qu’il se rend dans une de ses entreprises de SanZhen. Il fabrique des housses d’ordinateurs portables pour Apple. Il ne cache pas sa fierté de travailler pour cette marque. Lorsqu’il me vante les mérites d’Apple, la façon dont Apple c’est aussi un esprit, il manifeste une espèce de patrotisme. Quand tu travailles pour Apple, tu appartiens à une vraie famille.
Il a manifestement envie que quelque’un écoute sa success story, qui n’est pas semble-t-il relativisée à ses yeux par le fait qu’il voyage en classe économique. Son histoire est celle d’un commercial français qui s’est lancé dans un business au moment où le territoire commercial chinois était un peu plus réservé qu’aujourd’hui. D’une certaine façon, il a vu naître la ville de SanZhen au commerce international.
Aujourd’hui, son entreprise est très côtée, tout le monde veut de ses housses, dont le look donne à celui qui possède un engin de marque Apple, un air de famille... Il multiplie les voyages entre la France, l’Europe, la Chine et les Etats-Unis. Avec des airs de truand joueur, il raconte comment il divise les capitaux de ses entreprises, comment il gère différents comptes en banque, dont ceux de Hong Kong servent à l’évasion fiscale. Il décrit presque un service secret lorsqu’il explique comment ses employés ne connaissent que ce qui concerne les activités de leur région. De façon qu’ils ne puissent transmettre qu’un minimum d’informations à la conccurence...
Sur sa vie à SanZhen, c’est encore une atmosphère paranoïaque qui transparaît dans son discours. Il est surveillé. Les occidentaux sont surveillés. C’est une habitude communiste. Les voisins connaissent tout de ses allées et venues, de son rythme de vie, de ses fréquentations. Le moindre de ses faux pas lui est retourné d’une façon ou d’une autre. Les chauffeurs de taxi eux-mêmes exercent sur lui une surveillance serrée, se téléphonant pour se communiquer les informations le concernant. La police peut aussi débarquer chez lui à dix heures du soir pour vérifier son visa.
Concernant Taïwan, il me dit que pour n’importe quel Chinois, lorsqu’il dessine la Chine, il y inclue l’île. Sans hésitation.
07:12 Publié dans Taïwan | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tibet, chine, taïwan, guerre, courbet, kinski, hergzog




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