27/03/2008
Taïwan
Séjour enFOR M OZ
République de ChineTO
pendant les élections présidentielles de 2008TAI WAN
Du 2/2/8 au 3/2/8 2008
par XLO
The Sputnik Dog
Sur la page Wikipédia consacrée à Taïwan, des encarts avertissent les lecteurs et les contributeurs éventuels, sur la délicatesse de la terminologie à employer.
L’encyclopédie libre sur internet est un bon exemple de la situation de mondialisation que nous connaissons, et de la direction que vont prendre les rapports interpersonnels dans ce monde où les rencontres sont facilitées et accélérées, autant que le danger inhérent aux malentendus dont les rencontres peuvent être l’occasion, si on ne prend pas garde au langage qu’on emploie, si l’on manque de tact et de délicatesse, si l’on est trop ignorant des questions qui se posent à ceux qu’on rencontre - à toute vitesse.
Notre voyage, du 27 février au 28 mars 2008, en pleine période d’élections présidentielles, consistera en un voyage vers le réel de l’île - vers Taïwan...
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Please mind your stepLe tapis roulant de l’aéroport de Hong Kong vous avertit lorsqu’il vous a porté à son extrémité : Please mind the step. Une orgie de design. De modernisme high-tech. Mais à y regarder de près, tout s’use, se ternit et semble déjà vieux. Cmment régler leur compte aux Futuristes ?
Je reconnais la démarche fatiguée, ralentie, le genoux se cassant vers l’arrière des femmes taïwanaises. Non pas paresseuses, ni lasses, dans la lassitude mais plutôt, lassée, déjà, à la façon dont on se sent une fois qu’on est lassé... Quelque chose d’un accablement qui marche... Comme dans ce plan qui ouvre Good bye south Good bye, comme on y va, de l’avant, mais marchant à reculons.
Dans le petit matin, une sorte de paix traverse les baies vitrées, et les sons se perdent sous le vaste palfond incurvé. Dehors, le ciel est presque gris. Lentement, le plomb vaporisé estompe ce qui était encore un instant plus tôt, hier, et fait apparaître ce lendemain qui advient. la lumière est poudreuse et perce malaisément la brume qui noie les montagnes et les immeubles. Est-ce la poussière des tempêtes qui soufflent du désert sur Pékin ou la pollution ? L’eau scintille à l’autre bout de la pise construite sur la mer. La mer est quasiment au niveau de la piste. Les énormes appareils de la Dragon Air Compagny s’arrachent du sol et élèvent leurs carcasses vers ce soleil qui ne sait comment percer cette opiniâtre brume. Qu’est-ce qui s’oppose à lui ? de la châleur, de l’humidité, de la poussière, et quoi d’autre ?
Sur le Tarmac, les courbes des lignes blanches et jaunes dessinent sur le bitume des espaces qui servent aux manoeuvres de ces tubes de tôle. Autour des appareils restés au sol, s’affaire toute une activité. Les voiturettes manoevrent, traînant leurs chariots de sacs, de colis, de containers. La porte d’une soute s’est lentement soulevée et les employées ont installé des rails roulant, sur lesquels ils chargent les bagages.
A l’intérieur, un coup d’ombre, un avion est passé devant le soleil. Les ombres sur la moquette sont populsées comme s’il existait un plan horizontal dans le monde poudré d’or des ombres. L’ombre de mes doigts et de mon stylo sur la page quadrillée du cahier plongent selon la même angulation, dans une perspective incalculable. Un occidental lit un roman de Cormac Mac Carthy.
Dans l’avion qui fait la liaison avec Kaohsiung, Taïwan, j’essaie de pratiquer mon peu de Chinois avec l’hôtesse qui ne comprend pas ce que je veux lui dire. Je n’ai pas de carte d’immigration et je lui demande comment ça se dit en Chinois. J’essaie de me faire comprendre en Anglais. Je lui demande comment on dit « fiche » en Chinois...
Elle me répond qu’elle n’est pas Chinoise.
L’identité, déjà...
Suis-je face à une taïwaniste anti-chinoise, ou bien y a-t-il une autre raison à ce refus, plus subtile ou plus simple ?
Je ne connaîtrais jamais les raisons de sa réticence...
Et j’arrive enfin à Taïwan pour observer les élections présidentielles. Ou plus précisément, pour m’observer, moi, observant les élections présidentielles de Taïwan en 2008...
Le temps des malentendus, qui est le temps de tout voyage qui se respecte, le temps délicieux du voyage, vient donc de commencer - ce temps du ravissement de soi, au goût de l’autre – morsure, au-delà de l’ensoi, donc...
15:59 Publié dans Taïwan | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tibet, chine, taïwan, littérature, amour, voyage




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